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Disney Adventure World : à quoi sert le site de tests du futur flume Roi Lion

Pendant l'été 2025, les Imagineers ont assemblé une structure métallique en coulisses à Disney Adventure World pour tester en taille réelle le futur véhicule de l'attraction Roi Lion. Une démarche qui a surpris une partie des internautes, alors que Disney conçoit des log flumes depuis Splash Mountain en 1989. Les raisons tiennent à des choix techniques propres au projet : des bateaux nettement plus grands, un parcours custom et un climat français.

Concept art de la zone Pride Land à Disney Adventure World / © Disneyland Paris

L'attraction principale de la future zone Pride Lands, dont l'ouverture suivra celle de la phase Frozen et Adventure Way inaugurée le 29 mars 2026, est un log flume conçu spécifiquement pour Disney Adventure World, et non recyclé d'un autre parc Disney. Sur les réseaux sociaux, plusieurs utilisateurs se sont étonnés ces derniers mois de la construction d'un site de tests dédié, photographié dès l'été 2025 en coulisses du parc. La question revenait souvent : pourquoi tester un système que Disney maîtrise depuis trente-cinq ans ? Plusieurs comptes, notamment d'imagineers, ont apporté des éléments de réponse, en pointant la singularité du projet, et notamment des bateaux nettement plus larges que ceux des flumes habituels.

Un parcours test reconnaissable en coulisses

Les images relayées en ligne montrent un dispositif d'essai assez complet : des zigzags, une structure de descente avec splash, une zone d'embarquement et ce qui ressemble à un switch track, l'aiguillage qui permet de faire circuler plusieurs bateaux en parallèle au chargement. Ces parcours servent aux Imagineers à évaluer la fluidité du déplacement, la sécurité, le comportement du véhicule réel et la trajectoire de l'eau, avant l'intégration définitive dans le show building. Le livre officiel publié à l'ouverture de Disney Adventure World parle de tests menés pour préparer le climax de l'attraction et évaluer les futurs véhicules.

Des bateaux de 12 passagers, plus grands que ceux de Splash Mountain

Le saut de capacité est l'élément le plus important. Les bûches utilisées sur Splash Mountain à Magic Kingdom, et désormais sur Tiana's Bayou Adventure, embarquent 8 passagers répartis sur quatre rangées de deux. Celles du futur Roi Lion sont conçues pour en accueillir 12. Les premières maquettes de véhicule publiées dans la communication officielle montrent une configuration à quatre rangées, chacune assez large pour  mettre trois visiteurs côte à côte. La station d'embarquement est elle-même prévue avec deux quais pour augmenter le débit.

Changer la taille d'un bateau n'est pas une simple homothétie. Cela modifie la masse totale, la répartition possible du poids, le tirant d'eau, le comportement en virage, et surtout la dynamique du drop. À l'arrivée d'une chute de 16 mètres, un bateau plus long et plus lourd ne ralentit pas de la même manière, ne soulève pas la même vague et ne projette pas l'eau à la même distance. La hauteur des éclaboussures, la profondeur nécessaire du bassin de réception, la résistance des parois et les forces appliquées sur la coque doivent toutes être recalculées. La simulation numérique aide à dégrossir, mais la validation se fait avec un bateau réel, lâché des dizaines de fois, lesté de différentes façons pour reproduire un véhicule vide, un véhicule à moitié rempli ou complet, avec une charge concentrée à l'avant ou à l'arrière.

S'y ajoute la question des restraints, c'est-à-dire des barres ou parois qui maintiennent les visiteurs au moment de la descente. Sur Tiana's Bayou Adventure, ce sont les flancs hauts du bateau qui font office de contention. Un véhicule plus large impose de réétudier cette géométrie, à la fois pour la sécurité et pour l'accessibilité des visiteurs à mobilité réduite, sujet sur lequel le précédent américain a essuyé des critiques.

Trois cascades, un drop à l'extérieur et un climat parisien froid à gérer

Concept art de la scène d'Hakuna Matata dans la future attraction inspirée du Roi Lion à Disney Adventure World / © Disneyland Paris

Le concept de l'attraction prévoit un show building d'environ 14 000 m², le plus vaste jamais construit à Disneyland Paris, avec le Pride Rock culminant à 37 mètres pour une hauteur de bâtiment de 23 mètres. Le parcours intègre 19 scènes, deux ascensions et trois descentes, dont une chute finale de 16 mètres, équivalente à celle de Tiana's Bayou Adventure. Sur les trois cascades, seule la dernière se déroule à l'extérieur ; le reste du parcours est abrité.

Cette configuration découle directement du climat francilien. Disney a précisé à plusieurs reprises que les effets d'eau seraient adaptés à son climat, ce qui suppose une gestion thermique de l'eau et un contrôle des projections, pour permettre une exploitation hivernale. Au Texas ou en Floride, un visiteur trempé à trente degrés sèche en marchant ; à Marne-la-Vallée par deux degrés et un vent d'ouest, l'expérience prend une autre tournure. Tester un bateau réel sur une chute réelle permet de mesurer la zone d'éclaboussures, de calibrer les protections, les paravents éventuels, la profondeur du bassin et la vague de retour. Autant de variables qui ne se règlent pas correctement sur l'installation définitive sans risquer de retoucher des décors déjà construits.

Disney conçoit, mais ne fabrique pas l'attraction seul

Le débat sur X portait en filigrane sur une autre question : Disney construit-il lui-même son attraction ? La réponse est partielle. Walt Disney Imagineering conçoit, designe, scénographie et coordonne, mais ne fabrique pas en interne l'intégralité d'une attraction. Pour la mécanique, les canaux d'eau, les véhicules et les systèmes de contrôle, le groupe passe historiquement par des sous-traitants spécialisés. Le système originel de Splash Mountain reposait sur du matériel Hopkins Rides ; Frozen Ever After à Epcot a réutilisé la mécanique Intamin du défunt Maelstrom ; les bateaux trackless de Pirates of the Caribbean à Shanghai ont impliqué Oceaneering. À ce stade, le fabricant retenu pour le flume Roi Lion n'a pas été communiqué par Disneyland Paris et l''information reste à confirmer.

Dernière modification :
23 May 26
Medhy Danet

Medhy Danet est le fondateur de Chronik, média dédié aux parcs à thèmes et aux expériences immersives. Son regard sur le secteur est double : celui d'un passionné qui a grandi avec cette industrie, et celui d'un professionnel qui en a vu les coulisses de près notamment en travaillant à Disneyland Paris.