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Le PAL en 2026 : nouveau président, 2 millions d'euros pour les éléphants et les premières abonnements saison

Au 1er janvier 2026, Charles Bennet, prend les rênes du PAL, succédant à son père Arnaud après 37 ans à la tête du parc. Il hérite d'un modèle atypique dans le paysage français : 700 000 visiteurs en 2025, 34 millions d'euros de chiffre d'affaires, et une identité bâtie sur trois piliers que peu d'opérateurs combinent vraiment, à savoir les attractions, l'animalier et l'hébergement immersif. La saison 2026, ouverte le 4 avril, marque le premier exercice sous sa direction, avec en tête de gondole un espace éléphants entièrement repensé à 2 millions d'euros et le lancement de trois pass saison inédits.

Le Delta des Élephants au parc du PAL / © Le PAL

L'histoire du PAL est d'abord une histoire de famille, et c'est ce qui la distingue dans un secteur de plus en plus concentré. Tout commence en 1973, à Dompierre-sur-Besbre, dans l'Allier, quand André Charbonnier crée un zoo en vendant son usine d'aliments pour bétail de Moulins pour financer l'aventure. Il imagine un parc zoologique sur un terrain de plaine, au lieu-dit "Le Pal", qui donnera son nom au site. L'attraction mécanique n'arrive qu'en 1981, quand le parc ajoute un volet loisirs à son offre animale.

C'est son gendre, Arnaud Bennet, qui prend la direction en 1989 et transforme progressivement le site en destination à part entière. Sous sa conduite, la fréquentation passe de 206 000 visiteurs en 1991 à 754 000 en 2023, record absolu de l'histoire du parc. Plusieurs fonds d'investissement et grands groupes s'étaient montrés intéressés par un rachat, selon Vichy Économie. La famille a choisi la continuité. En janvier 2026, c'est Charles, fils aîné d'Arnaud, qui prend le relais, après une transmission préparée de longue date avec un cabinet spécialisé et un board familial qui associe également son frère et sa sœur aux décisions stratégiques.

Un modèle qui fait ses preuves sur la durée

Ce que Le PAL a construit sur 50 ans, peu de parcs régionaux français peuvent en dire autant : 50 hectares de nature, 31 attractions, plus de 1 000 animaux des cinq continents, deux hébergements thématisés et 34 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Le parc se positionne au sixième rang national des parcs d'attractions les plus fréquentés, et au premier rang en Auvergne-Rhône-Alpes, une région pourtant dense en offre touristique.

La force du modèle tient à la complémentarité de ses trois piliers. Les Lodges du PAL, côté savane, et le Savana RESERVE, 60 suites autour d'un lac aux hippopotames, totalisent 34 200 nuitées par saison avec un taux d'occupation de 100% les week-ends et vacances scolaires. Cette proportion d'hébergement dans le chiffre d'affaires protège Le PAL des variations brutales de billetterie : là où un parc sans hébergement subit pleinement une météo médiocre, l'hôtellerie interne absorbe une partie du choc. La saison 2025 l'illustre : avec 700 000 visiteurs, en recul de 4,5% sur 2024 en raison d'un été pluvieux, le chiffre d'affaires s'est néanmoins maintenu au niveau de l'année précédente, selon le bilan publié par le parc.

Le Delta des Éléphants : 2 millions d'euros pour le bien-être animal

La principale nouveauté de la saison 2026 est un investissement de 2 millions d'euros consacré à l'espace éléphants. Le Delta des Éléphants, ouvert depuis le 4 avril, couvre 2 hectares entièrement réaménagés pour les trois femelles résidentes : Acra, la matriarche, Kaveri et sa fille Nina. L'espace intègre des zones de baignade visibles depuis les allées visiteurs, des zones de repos et un programme d'échanges pédagogiques quotidiens, pensé pour rendre l'observation plus immersive sans mettre les animaux en scène.

Le PAL est l'un des seuls parcs en France à accueillir un groupe reproducteur d'éléphants d'Asie. Après le départ du mâle Upali, un nouveau mâle reproducteur doit rejoindre le groupe au printemps 2026. Cet engagement dans la conservation s'appuie sur la Fondation Le PAL Nature, créée en 2008, à laquelle Arnaud Bennet va consacrer une partie de son temps maintenant qu'il passe la main à son fils.

Les pass saison, premier levier de fidélisation formalisé

Autre nouveauté structurante de 2026 : Le PAL lance ses trois premiers pass saison. Jusqu'ici, le parc fonctionnait essentiellement sur la billetterie à la journée. Cette formule d'abonnement permet un accès illimité aux attractions et à l'animalier sur l'ensemble du calendrier d'ouverture, du 4 avril au 27 septembre.

Pour un parc régional, l'enjeu est double. D'un côté, fidéliser un bassin de proximité, notamment les familles qui reviennent plusieurs fois dans la saison et représentent déjà une part significative de la clientèle. De l'autre, prévisibiliser une fraction des recettes en dehors des seules entrées à la journée. Le modèle comporte cependant ses propres contraintes : si la montée en puissance des abonnements accroît la fréquentation les jours porteurs, elle peut accentuer la pression sur les capacités d'accueil et les temps d'attente.

Charles Bennet face aux prochaines étapes

Charles Bennet reprend un parc en bonne santé, mais dans un marché qui s'accélère. Le Parc Astérix vient d'annoncer 250 millions d'euros d'investissements d'ici 2030, avec un objectif explicite d'intégrer le top 5 européen. Dans ce contexte, Le PAL joue une partition différente : le parc réinvestit chaque année 20 à 30% de son chiffre d'affaires, soit entre 6 et 10 millions d'euros selon les années, sans recourir à un adossement financier extérieur.

La prochaine étape visible sera de confirmer si les pass saison et les nouvelles offres événementielles, dont un 10 km et un semi-marathon en partie organisés dans l'enceinte du parc en 2026, permettent de stabiliser la fréquentation autour de 730 000 à 750 000 visiteurs annuels. Les détails du plan d'investissement à moyen terme sous la nouvelle direction n'ont pas encore été rendus publics.

Dernière modification :
08 May 26
Medhy Danet

Medhy Danet est le fondateur de Chronik, média dédié aux parcs à thèmes et aux expériences immersives. Son regard sur le secteur est double : celui d'un passionné qui a grandi avec cette industrie, et celui d'un professionnel qui en a vu les coulisses de près notamment en travaillant à Disneyland Paris.