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Les plans de la future zone d'Euro-Mir d'Europa Park ont été dévoilés par la commune de Rust

Les nouveaux documents administratifs du projet Euro-Mir donnent une première mesure du futur quartier spatial d’Europa-Park. Après les derniers tours de l’attraction actuelle en janvier 2027, le parc prévoit de construire un coaster familial entouré de cinq tours, d’une seconde attraction, d’espaces d’exposition, d’une boutique et d’une offre de restauration.

Euro-Mir et le module Mir dans le quartier russe d’Europa-Park / © Europa-Park

Le dossier no 86/2026 publié par la commune de Rust, qui doit être examiné par le conseil municipal le 20 juillet 2026, décrit une opération bien plus large qu'une simple rénovation à l'actuelle zone d'Euro-Mir : une nouvelle montagne russe avec sa gare, un ascenseur et un atelier de maintenance, cinq tours dont une dédiée à la restauration, un bâtiment d’exposition, une boutique, une seconde attraction et un poste de secours.

Euro-Mir à Europa-Park, dans sa version actuelle / © Felixlp740

L’attraction ouverte en 1997 sera donc entièrement démontée après la saison hivernale 2026/2027. Europa-Park profitera du chantier pour détacher le site du quartier russe et créer un quartier thématique indépendant consacré à l’espace, développé en partenariat avec l’Agence spatiale européenne.

Le projet doit encore passer par son examen administratif et plusieurs de ses composantes restent décrites avec des termes provisoires. Le plan permet néanmoins de comprendre la direction prise pour 2028 : conserver les souvenirs associés à Euro-Mir tout en reconstruisant presque tout ce qui les entourait.

L’Euro-Mir de 1997 sera entièrement démontée

Euro-Mir fera ses derniers tours en janvier 2027, à la fin de la saison hivernale 2026/2027. Europa-Park ne communique pas encore la date précise de son ultime départ, mais 2026 sera bien sa dernière saison complète.

Vue d’ensemble d’Euro-Mir avec blue fire Megacoaster en arrière-plan / © Gabriel Rinaldi

Depuis son ouverture le 12 juin 1997, la montagne russe occupe une place à part dans le paysage du parc allemand. Ses cinq tours vitrées, son interminable ascension en spirale, ses nacelles qui placent les passagers en marche avant ou arrière et sa bande-son électronique ont composé une expérience immédiatement reconnaissable. On savait parfois moins dans quel sens on allait affronter la descente que sur quelle note du morceau on atteindrait le sommet.

Euro-Mir à Europa-Park avant son futur remplacement / © Europa-Park

L’actuelle Euro-Mir développe environ 1 000 mètres de parcours. Elle atteint 28,3 mètres, 80 km/h et jusqu’à 4 G, avec une capacité théorique annoncée de 1 600 personnes par heure. Le parc annonce lui une montagne russe familiale entièrement nouvelle, toujours construite par MACK Rides, mais n’a encore dévoilé ni sa longueur, ni sa vitesse, ni sa capacité, ni sa taille minimale. Le parc n’a pas non plus confirmé si les futures nacelles tourneront comme celles de l’attraction actuelle.

Les cinq tours reviendront, avec une silhouette plus haute

Plan de la future zone appelé à remplacer Euro-Mir / © Commune de Rust - dossier municipal 86/2026

Les documents présentés à Rust maintiennent le principe des cinq tours qui donne à Euro-Mir sa silhouette si particulière. Il ne faut toutefois pas comprendre que les structures actuelles resteront debout pendant le chantier. L’attraction doit être démontée, puis remplacée par une construction nouvelle reprenant cette architecture.

L’un des futurs édifices dépasserait d’environ neuf mètres la plus haute tour actuelle, d’après les informations tirées de la proposition municipale. Ce gain de hauteur ne permet pas encore de connaître le point culminant des rails. Une tour plus grande peut accueillir un élément technique, un espace intérieur ou un décor sans que la chute de la montagne russe gagne neuf mètres.

Une autre tour est identifiée comme un « Gastronomieturm », littéralement une tour consacrée à la restauration, mais aucun concept n’est encore détaillé. Sa présence confirme cependant que les nouvelles tours ne serviront pas uniquement de décor ou de support au parcours.

Europa-Park transforme ainsi cet ensemble architectural déjà bien visible du parc en véritable lieu de visite. Les tours de la première Euro-Mir étaient surtout associées à l’ascension du train et à la mise en scène du départ dans l’espace. Le projet de 2028 prévoit d’y faire entrer d’autres usages, dont la restauration.

Une seconde attraction apparaît sur le plan

En effet, il est fait mention d’une « Attraction 2 ». Europa-Park avait déjà évoqué deux attractions lors de la présentation de son partenariat avec l’Agence spatiale européenne. Le dossier de Rust leur donne désormais une existence dans le programme de construction. Impossible, en revanche, de savoir de quel type d'attraction il s'agit.

Le plan comprend aussi un bâtiment d’exposition, une boutique, un poste de secours, la nouvelle gare pour le coaster et son atelier de maintenance. L’ensemble dessine donc un quartier conçu pour retenir les visiteurs au-delà de la durée d’un tour de grand huit. Une famille pourra potentiellement y découvrir une exposition, profiter d’une seconde expérience, se restaurer et passer par la boutique. Le projet occupera ainsi une fonction comparable à celle d’un petit quartier autonome comme Europa-Park sait si bien le faire.

Un grand huit qui devrait devenir plus familial

Europa-Park présente la nouvelle montagne russe comme une attraction destinée aux enfants et aux familles. Cette orientation ne signifie pas forcément qu’elle deviendra un petit coaster pour jeunes visiteurs. Le terme peut aussi désigner une attraction accessible à un public plus large, avec des mouvements plus confortables et une taille minimale inférieure à l’actuel seuil de 1,30 mètre.

La différence sera importante pour les visiteurs. Euro-Mir se trouve aujourd’hui dans une position intermédiaire : sa hauteur reste modérée face aux grands coasters du parc, mais ses changements de direction, ses rotations et certaines portions devenues remuantes peuvent impressionner ou décourager une partie des familles. Une technologie récente permettrait à MACK Rides de conserver une vraie longueur de parcours tout en proposant une expérience plus fluide.

Aucun élément technique ne permet encore de savoir si la future attraction gardera les descentes en marche arrière, les rotations motorisées ou la longue montée autour des tours. Roland Mack a néanmoins indiqué que certaines parties caractéristiques du parcours devraient rester reconnaissables. Le successeur cherchera donc à rappeler Euro-Mir sans reproduire à l’identique une installation conçue au début des années 1990.

La future attraction pourrait également changer de nom. Roland Mack avait indiqué en 2025 qu’un nouveau nom était probable, sans annoncer de décision définitive. L’expression d'Euro-Mir 2.0, souvent employée par les visiteurs, reste pour le moment un surnom pratique et non l’appellation officielle du projet.

La bande-son d’Euro-Mir devrait survivre au chantier

La musique reste l’un des rares éléments pour lesquels Europa-Park a déjà voulu rassurer les habitués. Interrogé en juin par la radio Baden.fm, Roland Mack a expliqué que le parc n’avait pas l’intention d’abandonner la bande-son, même si celle-ci pourra être adaptée à la nouvelle histoire du quartier.

Cette conservation n’a rien d’anecdotique car, pour de nombreux visiteurs, Euro-Mir se reconnaît avant même d’être visible. Sa musique accompagne la file d’attente, l’ascension et une bonne partie du quartier russe. La faire disparaître aurait créé une rupture plus forte que le remplacement des rails eux-mêmes.

Europa-Park semble avoir identifié les trois repères auxquels le public associe immédiatement l’attraction : les tours, l’espace et la musique. Tout le reste, de la technologie des trains au contenu de la file d’attente, peut désormais être repensé.

L’ESA accompagnera le passage de la Russie à l’espace européen

Euro-Mir raconte actuellement la conquête spatiale russe. Son nom renvoie à l’ancienne station Mir et sa file d’attente traverse un véritable module d’entraînement arrivé à Europa-Park en 1995. Des cosmonautes russes ayant utilisé cet équipement avaient d’ailleurs participé à l’inauguration de l’attraction en 1997.

Le futur quartier ne sera plus rattaché à la Russie. Il deviendra un espace thématique indépendant développé avec l’Agence spatiale européenne. Europa-Park et l’ESA ont officialisé leur partenariat le 8 juin 2026, avec l’objectif de proposer des contenus accessibles aux enfants et aux familles, mais aussi des actions éducatives, des événements et différents formats autour de la recherche spatiale européenne. Le bâtiment d’exposition mentionné dans le dossier pourrait offrir un cadre à cette dimension scientifique, même si son contenu n’est pas encore annoncé.

Le centre de gravité de l’histoire se déplacera donc de la station Mir vers l’exploration spatiale européenne contemporaine. Le quartier russe ne doit pas disparaître, mais sa superficie sera réduite. Ses bâtiments historiques, son village traditionnel et ses autres attractions doivent rester en place.

Module d’entraînement de Mir à l'entrée d’Euro-Mir à Europa-Park / © Europa-Park

Le devenir du module d’entraînement de Mir constitue l’une des principales inconnues. Europa-Park rappelle son importance dans l’histoire de l’attraction sur sa page officielle consacrée aux adieux d’Euro-Mir, sans préciser s’il sera intégré au futur espace d’exposition, déplacé ailleurs dans le parc ou retiré pendant la reconstruction.

Une ouverture prévue en 2028, sans date plus précise

Visuel “Goodbye Euro-Mir: The Last Spin” annonçant la fin de l’attraction / © Europa-Park

Le calendrier général se resserre. L’actuelle Euro-Mir restera ouverte jusqu’à la fin de la saison hivernale 2026/2027, puis son démontage doit commencer en 2027. Le nouveau quartier spatial et sa montagne russe familiale sont annoncés pour la saison 2028.

Pour les visiteurs souhaitant retrouver une dernière fois l’Euro-Mir telle qu’elle existe depuis 1997, la fenêtre est en revanche connue : il reste la saison estivale, Halloween, HALLOWinter et l’hiver 2026/2027. Après cela, la musique devrait continuer à résonner dans le parc, mais le voyage autour des cinq tours aura changé de vaisseau.

Dernière modification :
16 Jul 26
Medhy Danet

Medhy Danet est le fondateur de Chronik, média dédié aux parcs à thèmes et aux expériences immersives. Son regard sur le secteur est double : celui d'un passionné qui a grandi avec cette industrie, et celui d'un professionnel qui en a vu les coulisses de près notamment en travaillant à Disneyland Paris.