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25 Aug 2026

Parc Dragon Ball à Cergy : c’est officiel, trois parcs pour 6 milliards d’euros

La France et l’Arabie saoudite ont officialisé un vaste complexe de loisirs à Cergy-Pontoise. Qiddiya prévoit d’y investir 6 milliards d’euros sur plusieurs années. Le resort réunira jusqu’à trois grands pôles de divertissement, des hôtels, des activités culturelles et sportives. Le premier parc annoncé sera consacré à Dragon Ball. Le projet promet 22 000 emplois directs.

Vue d’ensemble du futur parc Dragon Ball à Qiddiya City / © Qiddiya & Toei Animation

Il y a moins d’un mois, la possible arrivée d’un parc Dragon Ball sur l’ancien site de Mirapolis était encore une piste sérieuse suivie par Chronik. Le dossier a changé de dimension le 24 août 2026. Emmanuel Macron et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane ont assisté à la signature d’un protocole entre la France et Qiddiya Investment Company.

Emmanuel Macron a résumé l’annonce avec trois chiffres : trois parcs à thème, 6 milliards d’euros d’investissement et 22 000 emplois créés. Le communiqué commun franco-saoudien décrit plus précisément une destination multi-parcs mêlant divertissement, hôtellerie, culture, loisirs et sport, avec jusqu’à trois grands pôles d’attraction.

Trois parcs, des hôtels et 22 000 emplois directs annoncés

Les 6 milliards d’euros financeront tout le développement du resort sur plusieurs années. Cette enveloppe additionne les parcs, les hôtels et les activités complémentaires prévues autour d’eux. Le parc Dragon Ball en représente une partie.

Le programme présenté par l’Élysée repose sur une destination complète, pensée pour retenir les visiteurs plusieurs jours. Le modèle économique se trouve autant dans les billets d’entrée que dans les nuitées, la restauration, les boutiques et les loisirs proposés après la fermeture des attractions. Des logements destinés aux salariés et aux habitants du secteur font également partie des éléments évoqués autour du projet. Les estimations relayées lors de l’annonce montent jusqu’à 80 000 emplois indirects, en plus des 22 000 emplois directs promis.

La comparaison avec Disneyland Paris donne un ordre de grandeur. Le complexe de Marne-la-Vallée compte aujourd’hui plus de 20 000 salariés et indique avoir investi 13 milliards d’euros depuis 1992. Les méthodes de calcul et les périodes ne sont pas identiques. L’objectif affiché à Cergy-Pontoise place tout de même le resort parmi les très grands projets de loisirs européens.

Dragon Ball sera la première locomotive du resort

Dragon Ball est le seul univers révélé pour le moment. Valérie Pécresse a confirmé que le manga servirait de thème à l’un des trois parcs prévus sur le secteur de Mirapolis. La présidente de la région Île-de-France affirme travailler sur ce dossier depuis dix-huit mois.

L’idée aurait pris forme en décembre 2024, lors d’un échange à Riyad entre Emmanuel Macron et Mohammed ben Salmane autour de leur intérêt commun pour Dragon Ball. Les discussions se sont poursuivies avec Qiddiya à partir de 2025, avant l’accord politique annoncé cet été.

Concept art du parc Dragon Ball à Qiddiya City / © Qiddiya & TOEI ANIMATION
Concept art du parc Dragon Ball à Qiddiya City / © Qiddiya & TOEI ANIMATION

Le groupe saoudien possède déjà un projet Dragon Ball à Qiddiya City, près de Riyad. Le concept officiel présenté en 2024 s’étend sur plus de 500 000 m², avec sept zones inspirées des différentes périodes de la saga, plus de trente attractions et un Shenron de 70 mètres abritant des montagnes russes. Le plan français pourra suivre sa propre direction. Qiddiya arrive avec une expérience concrète de la licence et de sa traduction en parc à thème.

Le choix est solide commercialement. Selon l’Arcom, 42 % des Français consomment des mangas ou des animés. Le marché a représenté 36 millions de mangas vendus et 309 millions d’euros en 2024. Dragon Ball touche plusieurs générations, des lecteurs arrivés avec le Club Dorothée aux enfants qui découvrent aujourd’hui Dragon Ball Super. Cette base donne au resort un premier moteur immédiatement compréhensible en France comme à l’étranger.

Les deux autres pôles permettront d’élargir le public et les motifs de séjour. C’est tout l’intérêt d’un resort multi-parcs : une licence attire, plusieurs expériences prolongent la visite.

Qiddiya pilotera le projet, du financement au développement

Qiddiya sera l’investisseur, le développeur et le porteur industriel du resort. Le texte signé lui attribue le développement de la destination, ce qui recouvre le financement, la conception d’ensemble, la réalisation et probablement la détention des principaux actifs.

Qiddiya Investment Company appartient entièrement au Public Investment Fund, le fonds souverain saoudien. Son directeur général, Abdullah Al-Dawood, a signé le protocole avec le ministre français de l’Économie Roland Lescure. Aucun promoteur français ni coactionnaire privé n’a été annoncé dans le capital du resort.

Concrètement, un chantier de cette taille passera très probablement par une filiale ou une société de projet immatriculée en France. Cette structure pourra acheter ou louer le foncier, déposer les permis, signer les marchés, embaucher et payer ses impôts en France. Elle sera une entreprise de droit français. Son capital restera saoudien si Qiddiya la contrôle seule, ou s’ouvrira à d’autres nationalités si des partenaires entrent au tour de table. La composition exacte de cette société n’a pas encore été publiée.

La propriété du resort et l’exploitation quotidienne des équipements peuvent aussi être séparées. Qiddiya utilise déjà cette organisation en Arabie saoudite. Le groupe détient ses parcs, puis confie leur gestion à des opérateurs spécialisés, comme Six Flags pour Six Flags Qiddiya City et le parc aquatique Aquarabia.

À Cergy-Pontoise, Qiddiya peut donc rester investisseur et développeur tout en faisant exploiter un parc, un hôtel ou une attraction par un autre groupe. Aucun opérateur français ou étranger n’a encore été désigné.

L’État, la région et les collectivités auront un autre rôle. Ils devront accompagner le foncier, les transports, les procédures d’urbanisme et les autorisations environnementales. Aucune entrée de la France ou d’une collectivité au capital n’a été annoncée.

Autour de Mirapolis, les transports et le foncier devront suivre

Zone du futur resort Saoudien / © Chronik

Le site historique de Mirapolis servirait de point d’ancrage, mais il ne représente qu’une partie du périmètre envisagé. Pour accueillir plusieurs parcs, des hôtels et le reste du resort, le projet devrait s’étendre aux terrains voisins. Le Parisien évoque notamment l’acquisition possible de terres agricoles aux portes du Vexin. Aucun rachat n’a encore été annoncé comme conclu.

Cette ampleur place les transports au centre du dossier. Des dizaines de milliers de salariés et plusieurs millions de visiteurs potentiels auront besoin d’autres solutions que les accès routiers actuels. La desserte en transports collectifs, les liaisons avec Paris et les circulations locales feront partie du projet. Cergy-Pontoise dispose déjà du RER A et du Transilien. Un resort mondial demandera une capacité et une régularité adaptées à ses horaires.

Le foncier a aussi des habitants. Environ cent foyers issus de familles de voyageurs vivent sur le secteur, parfois depuis près de dix ans, avec des enfants scolarisés dans les communes voisines. Leur relogement devra être traité dès les premières décisions. Plusieurs élus locaux, dont le député Aurélien Taché, demandent une concertation avec les habitants et des engagements précis sur les transports et l’environnement.

Six milliards d’euros publics investis par l’Arabie saoudite

Le financement est saoudien et public. Qiddiya appartient au PIF, lui-même présidé par Mohammed ben Salmane. Le futur resort de Cergy-Pontoise s’inscrit dans la stratégie du royaume pour bâtir une industrie mondiale du divertissement et donner à ses groupes une présence hors d’Arabie saoudite.

Pour la France, l’intérêt est direct : attirer des capitaux, créer des emplois et ajouter une destination internationale à l’ouest de Paris. Pour Qiddiya, Cergy-Pontoise offre une implantation européenne, un bassin touristique majeur et la possibilité de prouver que son modèle peut fonctionner hors de Riyad.

Cette origine publique donne aussi une portée politique au projet. Human Rights Watch relie les investissements internationaux du PIF dans le sport et le divertissement à la stratégie de réputation du royaume, dont l’organisation documente les atteintes aux droits humains.

Interrogé sur ce point, l’Élysée a assumé une ligne économique très claire : la France se considère comme bénéficiaire du projet et ne compte pas conditionner l’investissement à une leçon publique adressée à Riyad, selon les propos rapportés par l’AFP.

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25 Aug 26
Medhy Danet

Medhy Danet est le fondateur de Chronik, média dédié aux parcs à thèmes et aux expériences immersives. Son regard sur le secteur est double : celui d'un passionné qui a grandi avec cette industrie, et celui d'un professionnel qui en a vu les coulisses de près notamment en travaillant à Disneyland Paris.