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Accident à La Mer de Sable : trois bûches arrivent trop vite sur Cheyenne River

Dimanche 2 août 2026, trois embarcations de Cheyenne River ont atteint le bassin final à une vitesse supérieure à la normale. Plusieurs visiteurs ont été blessés et une plainte a été déposée.

Chute finale de Cheyenne River à la Mer de Sable / © Tangopaso

Dimanche 2 août, plusieurs visiteurs ont été blessés à bord de Cheyenne River, l’une des principales attractions de La Mer de Sable, à Ermenonville dans l’Oise. Le parc reconnaît un dysfonctionnement : trois embarcations sont arrivées dans le bassin de réception à une vitesse supérieure à la normale. Reste une question à laquelle aucune réponse précise n’a encore été apportée : pourquoi ces trois bûches n’ont-elles pas suffisamment ralenti ?

La chronologie des événements est en partie connue grâce au témoignage de Sylia, dont plusieurs membres de la famille se trouvaient à bord. Alors qu’elle les attend près de la sortie de l’attraction, elle entend une alarme provenant de la cabine des opérateurs. À ce moment-là, selon son récit recueilli par France 3 Picardie, la situation est déjà inhabituelle à l’arrivée de Cheyenne River.

Plusieurs embarcations sont immobilisées en fin de parcours et des employés tentent de les déplacer à l’aide de perches. Sylia affirme également voir sortir des visiteurs blessés, parmi lesquels des enfants souffrant de saignements de nez et une femme touchée au genou.

Mais la bûche transportant sa famille est toujours sur le parcours et quelques instants plus tard, Sylia la voit franchir à son tour la dernière chute. L’embarcation entre dans le bassin de réception à une vitesse anormalement élevée et les passagers sont projetés les uns contre les autres.

C’est sur la gestion de ces quelques minutes que les témoignages et la version du parc ne permettent pas d’établir une chronologie complète.

Dans une déclaration transmise à la presse, La Mer de Sable confirme que trois embarcations sont arrivées « à une vitesse supérieure à la normale » et assure que ses opérateurs ont immédiatement interrompu le fonctionnement de l’attraction après avoir constaté l’anomalie.

Sylia s’interroge au contraire sur le fait que la bûche de sa famille ait encore pu effectuer la dernière descente alors qu’une alarme avait déjà retenti et que des employés intervenaient à la sortie.

Une quinzaine de blessés selon France 3

L’incident n’a pas fait de blessé grave, mais plusieurs passagers ont subi des contusions. Une femme présente dans l’une des embarcations raconte notamment avoir été projetée vers les quatre enfants installés devant elle.

Les blessures rapportées comprennent une hyperextension de l’épaule ainsi que des contusions au bras, au genou, à la cheville et au thorax. Des enfants auraient également souffert de saignements de nez. France 3 Picardie évoque une quinzaine de personnes blessées.

Cheyenne River a été fermée après l’incident. L’installation a ensuite été contrôlée par le prestataire spécialisé chargé de sa maintenance. Selon la direction, cette vérification a conclu à sa conformité et l’attraction a pu rouvrir dès le lendemain matin. Une enquête interne devait parallèlement déterminer les circonstances exactes du dysfonctionnement.

La famille a d’abord effectué une main courante avant de déposer plainte, rapportait Le Parisien le 7 août.

Ce même vendredi, Cheyenne River était de nouveau fermée au public en raison d’un « problème technique ». Aucun élément disponible ne permet cependant de relier cette seconde fermeture au dysfonctionnement survenu cinq jours auparavant.

Comment une bûche ralentit-elle après une chute ?

Pour comprendre ce qui a pu être inhabituel ce 2 août, il faut revenir au fonctionnement même de Cheyenne River.

Cheyenne River est une attraction aquatique de type log flume, construite par le fabricant français Soquet et ouverte en 1996. La Mer de Sable la présente comme la plus haute descente en bûches de France, avec une chute de 20 mètres et un parcours d’environ 400 mètres.

Son fonctionnement diffère de celui d’un coaster classique. Lors de la descente finale, l’embarcation accélère principalement sous l’effet de la gravité. Une grande partie de cette vitesse est ensuite dissipée lorsqu’elle entre dans le bassin de réception.

La coque rencontre alors une masse d’eau importante, qu’elle doit déplacer. C’est ce phénomène qui provoque la grande éclaboussure visible après la chute, mais aussi qui permet à l’embarcation de perdre rapidement sa vitesse avant de poursuivre lentement vers la zone de débarquement.

La décélération dépend donc en partie des conditions rencontrées dans le bassin. Le niveau et la circulation de l’eau, la charge de l’embarcation ou encore son comportement dans le chenal peuvent avoir une influence. L’exploitation doit également assurer un espacement suffisant entre les différentes bûches pour éviter qu’elles ne s’accumulent en fin de parcours.

Pourquoi trois bûches sont-elles arrivées trop vite ?

Et c’est désormais le principal point à éclaircir. Le fait que trois embarcations aient rencontré le même problème dans un intervalle réduit suggère qu’un élément commun à leur passage doit être recherché. Cela peut concerner les conditions dans le bassin de réception, la circulation de l’eau ou encore la manière dont les embarcations progressaient et étaient espacées à ce moment-là.

Mais aucun de ces scénarios n’est aujourd’hui établi. Le témoignage de Sylia apporte néanmoins un élément important : lorsque la bûche de sa famille est encore sur le parcours, plusieurs embarcations semblent déjà immobilisées en fin de circuit et des opérateurs interviennent avec des perches. La perturbation de la zone d’arrivée était donc, selon son récit, déjà visible avant le passage de sa famille dans la dernière chute.

Impossible pour autant d’en déduire que cet encombrement est la cause de la vitesse excessive. Il peut aussi en être une conséquence : des embarcations arrivées dans des conditions anormales peuvent elles-mêmes perturber leur progression dans la zone de sortie.

Le prestataire chargé de la maintenance n’a pas identifié d’anomalie empêchant l’exploitation et a conclu à la conformité de l’installation. Ce contrôle a permis la réouverture de Cheyenne River, mais ne permet pas à lui seul d’expliquer un dysfonctionnement qui aurait été ponctuel.

Pour déterminer précisément ce qui s’est produit, il faudrait notamment pouvoir reconstituer la position des différentes bûches, le moment où l’alarme s’est déclenchée, celui où l’arrêt de l’attraction a été commandé et les conditions de fonctionnement du bassin au moment des trois passages.

Au 12 août, La Mer de Sable a donc reconnu que trois bûches sont arrivées trop rapidement dans le bassin de réception, mais aucune cause technique n’a été rendue publique à ce stade.

Dernière modification :
12 Aug 26
Medhy Danet

Medhy Danet est le fondateur de Chronik, média dédié aux parcs à thèmes et aux expériences immersives. Son regard sur le secteur est double : celui d'un passionné qui a grandi avec cette industrie, et celui d'un professionnel qui en a vu les coulisses de près notamment en travaillant à Disneyland Paris.