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Pourquoi Kondaa et plusieurs attractions se retrouvent sans permis valide à Walibi Belgium

Le Conseil d’État a annulé le permis intégré délivré en 2022 pour le réaménagement et l’extension du parc de Wavre. Kondaa, Tiki-Waka, Fun Pilot et Popcorn Revenge ne sont plus couverts par cette autorisation. Walibi reste toutefois ouvert sur la base de son permis de 2015, pendant qu’une nouvelle décision est préparée.

Kondaa à Walibi Belgium / © Jérémy-Günther-Heinz Jähnick

Les billets restent en vente et Walibi poursuit son exploitation. Mais derrière cette continuité se trouve un problème juridique : une partie du parc construite ou transformée depuis 2015 n’est plus couverte par un permis valide.

Le raccourci selon lequel Walibi n’a plus de permis est faux. Le parc dispose toujours de son autorisation de 2015. L’inverse serait tout aussi trompeur : l’annulation prononcée le 29 juin 2026 ne constitue pas un simple incident de procédure sans effet. Elle retire sa base administrative aux travaux et installations visés par la décision de 2022. L’arrêt n° 267.282 du Conseil d’État a été ajouté à la base publique de la juridiction le 29 juillet.

Kondaa, Tiki-Waka, Fun Pilot et Popcorn Revenge sont concernés

Le permis annulé avait été accordé à Belpark, la société qui exploite Walibi Belgium, le 28 juin 2022. Il couvrait le réaménagement et l’extension du site, mais aussi l’exploitation de onze cellules commerciales totalisant 845 m². Il ne s’agissait donc pas d’une autorisation portant sur une seule montagne russe.

Selon les informations de L’Avenir, les installations qui perdent leur couverture comprennent notamment Kondaa, Tiki-Waka, Fun Pilot, Popcorn Revenge et certains espaces horeca. Ces attractions restent exploitées, mais leur situation urbanistique doit être régularisée. Le recours ayant abouti à l’annulation avait été introduit par l’ASBL Les Versants de la Dyle et trois riverains.

Le sujet est sensible pour Walibi parce que ces équipements ne sont pas périphériques. Kondaa et Popcorn Revenge font partie des réalisations mises en avant par la Compagnie des Alpes dans le plan "Grand Walibi", un programme de 100 millions d’euros mené entre 2018 et 2025 pour transformer environ 75 % du parc. Le groupe présente ces zones et attractions comme l’ossature du Walibi actuel.

Le permis est tombé sur des conditions acoustiques mal rédigées

Le Conseil d’État n’a pas déclaré que Kondaa était trop bruyant, ni conclu que l’ensemble du parc dépassait systématiquement les normes. Il a sanctionné l’imprécision des conditions censées encadrer et contrôler le bruit.

Un premier point concernait la fréquence des études acoustiques. La motivation du permis évoquait deux campagnes par an, avec une modélisation ciblée autour des nouvelles activités et des zones sonorisées. La partie contraignante du texte prévoyait, elle, des mesures après l’ajout d’une attraction ou d’une animation. Impossible de savoir clairement si Walibi devait contrôler son impact sonore à intervalles fixes ou uniquement après une modification du parc.

Une deuxième ambiguïté portait sur la musique amplifiée. Le permis visait un restaurant. Les riverains estimaient que la condition devait concerner l’établissement, donc potentiellement l’ensemble du parc. Walibi défendait une lecture limitée aux restaurants mais une condition environnementale ne peut pas changer de portée selon la manière dont chacun corrige mentalement une formulation.

Le bruit n’est pas une querelle théorique dans ce dossier. Des campagnes menées en 2022 ont conclu au respect des valeurs limites en journée. Elles ont aussi relevé de probables dépassements ponctuels en soirée et la nuit lors de journées d’entreprise ou exceptionnelles, attribués à la cadence de grosses attractions et à la sonorisation d’Halloween. La Cellule bruit wallonne avait alors demandé un plan permettant de respecter le permis en permanence, comme l’indique une réponse officielle du Parlement de Wallonie.

Walibi peut rester ouvert, mais l’annulation doit être suivie d’effet

L’arrêt ne ferme pas automatiquement le parc et n’ordonne pas la démolition des attractions. Une annulation de permis fait disparaître l’autorisation contestée, sans imposer à elle seule une mesure matérielle précise. Les autorités compétentes doivent toutefois rétablir la légalité dans un délai raisonnable, soit en délivrant un nouveau permis, soit en engageant une procédure de constat d’infraction. C’est le cadre rappelé par l’Union des villes et communes de Wallonie.

Pour les visiteurs, la conséquence immédiate est donc limitée : le parc continue de commercialiser ses entrées et aucune fermeture de Kondaa, Tiki-Waka, Fun Pilot ou Popcorn Revenge n’a été annoncée. Pour l’exploitant et l’administration, la situation est moins confortable. Tant qu’un nouveau permis n’est pas délivré, les installations concernées fonctionnent sans la couverture urbanistique que leur apportait la décision de 2022.

Le dossier revient pour la deuxième fois au même point

Chronologie des permis de Walibi Belgium entre août 2018 et juin 2026

Walibi avait introduit sa grande demande de réaménagement en mars 2018. Un premier permis intégré avait été délivré en août de la même année. Le Conseil d’État l’a annulé le 16 février 2022, notamment dans un contentieux lié aux conditions environnementales et au bruit. La Région wallonne a alors délivré une nouvelle autorisation le 30 mars 2022, juste avant l’ouverture de la saison.

Walibi et les riverains ont chacun contesté cette décision. La Commission de recours des implantations commerciales a statué le 28 juin 2022 et accordé le permis qui vient, à son tour, d’être annulé. La réponse ministérielle publiée par le Parlement wallon en mars 2022 montre déjà l’enjeu de l’époque : le permis de 2015 permettait l’ouverture du parc, mais ne couvrait pas les attractions et aménagements les plus récents.

Mecalodon et Dock World relèvent d’un autre permis

Mecalodon et la zone Dock World disposent d’un permis d’urbanisme distinct, accordé par le collège communal de Wavre le 9 novembre 2023. Ce permis est lui aussi attaqué devant le Conseil d’État, mais la demande de suspension a été rejetée le 24 septembre 2024. Le recours en annulation doit encore être tranché, selon l’état du dossier rapporté ce 18 août.

Ce projet séparé avait fait l’objet d’une modélisation acoustique spécifique. Un écran antibruit de 190 mètres de long et huit mètres de haut a été imposé. L’administration estimait qu’il devait réduire le bruit global du parc de 1 à 2 dB(A), avec une nouvelle campagne de mesures après la mise en service. Ces prescriptions figurent dans la réponse du gouvernement wallon de septembre 2023.

Une nouvelle décision peut arriver vite, sans clore le conflit

Les parties devaient être entendues ce mardi 18 août par la Commission de recours des implantations commerciales. D’après les informations publiées le même jour, un nouveau permis pourrait suivre dans les prochains jours. À l’heure d’écrire ces lignes, aucune nouvelle décision publique n’a été identifiée.

Une régularisation rapide permettrait à Walibi de retrouver une base juridique pour les attractions concernées. Elle ne garantirait pas la fin du contentieux : les personnes ayant intérêt à agir disposeront de 60 jours pour saisir à nouveau le Conseil d’État.

Dernière modification :
19 Aug 26
Medhy Danet

Medhy Danet est le fondateur de Chronik, média dédié aux parcs à thèmes et aux expériences immersives. Son regard sur le secteur est double : celui d'un passionné qui a grandi avec cette industrie, et celui d'un professionnel qui en a vu les coulisses de près notamment en travaillant à Disneyland Paris.