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DinoLand ferme définitivement : Tropical Americas accélère à Animal Kingdom

Disney's Animal Kingdom boucle la fermeture de DinoLand USA le 1er février 2026 après 28 ans d'exploitation. L'attraction phare DINOSAUR laisse place à Tropical Americas : 11 hectares, trois attractions confirmées (Encanto, Indiana Jones, carrousel) attendues à l'automne 2027. Les travaux s'intensifient ce mois de février, mais le calendrier demeure imprécis et le gain de capacité limité interroge la stratégie du parc.

Concept art officiel de la zone Tropical Americas à Disney’s Animal Kingdom / ©Disney. ©Disney Enterprises, Inc.

Animal Kingdom se déleste de son dernier secteur préhistorique. DinoLand, inauguré le 22 avril 1998 avec le parc lui-même, disparaît par étapes depuis janvier 2025. TriceraTop Spin et Fossil Fun Games ont cessé leur service dès les 12 et 13 janvier. The Boneyard, aire de jeux emblématique, a suivi le 2 septembre. Restaurantosaurus, dernier bastion culinaire du land, s'éteint le 2 février. Ce secteur sous-exploité peinait à rentabiliser ses 11 hectares dans un parc comptant à peine huit attractions majeures.

DinoLand s'efface : bilan d'un secteur sous-performant

DINOSAUR symbolise la fin d'une époque. Lancée sous le nom Countdown to Extinction en 1998, renommée après le film Disney en 2000, cette attraction omnimover durait trois minutes chrono. Sa capacité théorique atteignait 1800 visiteurs par heure. Les débits réels oscillaient toutefois entre 1200 et 1400 en pointe, selon les observations rapportées sur le terrain. Pionnière du système EMV (Enhanced Motion Vehicle), elle recyclait une technologie déjà vue à Disneyland trois ans plus tôt. Les animatroniques des années 90 et un scénario rudimentaire limitaient son attractivité face à la saturation de Pandora, où les files dépassent régulièrement deux heures.

DinoLand cumulait environ 3000 visiteurs par heure au total, DINOSAUR en représentant la moitié. Le reste provenait des petites attractions (TriceraTop Spin, Chester & Hester's). Le land souffrait d'une incohérence thématique criante : aire de jeux bon enfant, mini-golf kitsch, fast-food sans ambition narrative. Disney justifie ce remplacement par un renouvellement nécessaire, libérant ainsi 15% de la surface exploitable du parc.

Tropical Americas : trois attractions aux ambitions mesurées

Pueblo Esperanza, nom officiel du futur land, entend recréer un village tropical latino-américain « habité ». Disney l'a dévoilé lors de la D23 Expo en août 2024. Le chantier passe à la vitesse supérieure ce février 2026, après la disparition complète de DinoLand. L'opérateur cible l'automne 2027, sans préciser si septembre ou novembre. Cette imprécision complique déjà les réservations hôtelières prévues mi-2026.

Concept art officiel de la Casita à Disney’s Animal Kingdom / ©Disney. ©Disney Enterprises, Inc.

L'Encanto Casita occupera le cœur du secteur. Première attraction en véhicule pour l'univers Encanto, elle recycle partiellement le show building de DINOSAUR en omnimover. Les visiteurs suivront Antonio Madrigal le jour où il reçoit son don : parler aux animaux. Sa chambre se mue en rainforest magique, avec rencontres familiales au fil du parcours. Disney évoque un style « Mystic Manor », mêlant animatroniques, projections et narration fluide. Fin janvier 2026, la structure verticale atteint 30% d'avancement. L'enveloppe du bâtiment devrait se clore au printemps, laissant l'été et l'automne 2026 aux tests de systèmes et effets scéniques. Capacité estimée : 1500 à 2000 visiteurs par heure.

Concept art de l’entrée d'Indiana Jones Adventure à Disney’s Animal Kingdom / ©Disney. ©Disney Enterprises, Inc.

L'Indiana Jones Adventure rethématise directement DINOSAUR. L'explorateur découvre un temple maya intact, abritant une créature légendaire. Disney insiste : cette version est inédite dans le monde, distincte de celle de Disneyland sortie en 1995. Les véhicules omnimover demeurent identiques, visant 1800 visiteurs par heure théoriques. Les travaux ne démarreront qu'après le 2 février, expliquant un retard structurel probable par rapport à Encanto.

Le Critter Carousel, enfin, investit l'ancien Boneyard. Ce carrousel classique met en scène des animaux fétiches Disney, fabriqués par un artisan du village selon le storytelling officiel. Une aire de jeux jouxte l'attraction, visant les jeunes familles. Capacité modeste de 600 à 800 visiteurs par heure.

Chantier à plein régime : un calendrier optimiste ?

Début février 2026, Disney pose les fondations du carrousel et élève Encanto en structure métallique. Les murs verts masquant DinoLand depuis 2025 s'estompent peu à peu. L'objectif affiché : clore les show buildings au printemps 2026, intégrer les effets cet été, ouvrir en septembre-octobre 2027. Ce planning s'avère ambitieux. Les hivers pluvieux de Floride et la complexité des omnimovers : capteurs, audio-animatroniques, synchronisation ont déjà repoussé Pandora de six mois en 2017.

Le parc reste intégralement accessible cette année. Les 11 hectares en travaux n'affectent pas les autres zones. Harambe Market, fermé pour refurbishment l'hiver dernier, rouvre mi-février en intégrant burgers et nuggets de Restaurantosaurus à son offre africaine. Cette fusion culinaire assure la transition jusqu'à l'inauguration de la hacienda, promise comme le plus vaste restaurant rapide de Disney World.

Capacité en hausse nette sur les majeures : calcul stratégique équilibré

Le remplacement génère un gain net de capacité sur les attractions majeures. DinoLand comptait une seule ride principale (DINOSAUR, 1800 p/h). Tropical Americas en déploie deux (Encanto et Indiana Jones, soit 3600 p/h cumulés), plus le carrousel (700 p/h). Malgré la perte des petites attractions (1200 p/h cumulés), le bilan est positif de 1400 visiteurs par heure théoriques. Progression significative pour Animal Kingdom, toujours à la peine avec huit rides majeures.

La stratégie mise sur la cohérence thématique autant que sur la capacité. DinoLand, disparate et sous-performant, cède à un narratif tropical unifié. Encanto surfe sur une IP brûlante post-Oscar 2022 ; Indiana Jones flatte la nostalgie. Ce mix cible le visiteur moderne sans ignorer le débit opérationnel, là où DinoLand stagnait.

Dernière modification :
16 Feb 26
Medhy Danet

Medhy Danet est le fondateur de Chronik, média dédié aux parcs à thèmes et aux expériences immersives. Son regard sur le secteur est double : celui d'un passionné qui a grandi avec cette industrie, et celui d'un professionnel qui en a vu les coulisses de près notamment en travaillant à Disneyland Paris.