Magic Kingdom : le Carousel of Progress ferme le 5 juillet pour effacer ses trois actes les plus anciens
Le théâtre rotatif de Walt Disney World donnera sa dernière représentation dans sa forme actuelle le 5 juillet 2026, avant une fermeture jusqu'en 2027. Disney supprime les actes des années 1900, 1920 et 1940, avance le récit jusqu'au réveillon 1999 puis un futur lointain, et installe un automate de Walt Disney à l'entrée. C'est la plus lourde refonte de l'attraction depuis 1994.

Aujourd'hui, quand le théâtre commence à tourner, le premier tableau s'ouvre un jour de Saint-Valentin, au tournant du XXe siècle. John, le père de famille, vante les commodités modernes du foyer, toutes d'avant l'électricité. C'est cette scène fondatrice qui disparaît. À partir de 2027, le rideau s'ouvrira sur l'alunissage d'Apollo un été en 1969.
Disney a détaillé la refonte le 28 mai : les trois premières époques sont effacées, et l'ensemble du récit avance de plusieurs décennies. L'attraction de 1964 regardait soixante ans en arrière, vers le tournant du siècle. La version de 2027 garde le même écart en démarrant son cycle dans les années soixante, un clin d'œil à l'endroit où le Carousel of Progress est né : la Foire internationale de New York de 1964-1965.
1969, 1985, 1999 : de la Lune à internet
Le premier acte s'ouvre à l'été 1969. La famille du Carousel, comme des millions de gens dans le monde, se réunit devant la télévision pour assister à l'alunissage historique. Le deuxième acte délaisse le début du siècle pour la banlieue américaine d'octobre 1985, un soir d'Halloween. Pour la première fois dans l'histoire du spectacle, c'est la mère, Sarah, qui passe au centre de la scène. Elle racontera comment tous les nouveaux appareils et gadgets simplifient la vie de la famille, dont un téléphone fixe au long cordon. Le père lui, distribue des bonbons aux enfants déguisés sous le porche, pendant que l'oncle Orville se plaint de n'avoir aucune intimité dans la salle de bains.

Le troisième segment se passera au réveillon du 31 décembre 1999. Dans l'excitation du décompte vers l'an 2000, une chose nouvelle appelée internet rapproche John, Sarah, Jimmy et Patty, et le monde entier, comme jamais auparavant. Le quatrième acte quitte le salon pour un futur lointain. La famille apparaît une dernière fois dans un foyer hors de notre monde, avec un robot qui aide aux tâches quotidiennes et des voyages dans l'espace. Pour ce final, les équipes se sont appuyées sur les croquis de l'imagineer John Hench, figure historique du studio, et sur sa vision du futur. Le robot assistant figure d'ailleurs sur le nouveau poster de l'attraction, dévoilé par Disney en même temps que la refonte.
Les trois décennies retenues couvrent une grande partie des visiteurs actuels du parc, ceux qui ont une mémoire personnelle de 1969, 1985 ou 1999. C'est l'argument que Disney met en avant : garder le spectacle compréhensible et familier pour le public d'aujourd'hui.
Walt Disney en automate dans la salle d'embarquement
Avant le premier acte, le public sera accueilli par un Audio-Animatronics de Walt Disney lui-même, dans la zone de pré-show en s'inspirant d'un programme télévisé de 1964, "Disneyland Goes to the World's Fair", celui-là même où Walt avait présenté le concept du Carousel of Progress.
Pour habiller cette séquence d'ouverture, les équipes cherchent et répliquent des accessoires vus dans l'émission de 1964 : un prototype d'oiseau Tiki, une maquette de la Tower of the Four Winds et une poupée de "it's a small world". L'art conceptuel montre aussi des références à Progress City, l'ancienne ville-vitrine imaginée par Walt, et au monorail Alweg d'origine de Disneyland. Sur le sens de cet ajout, Kirsten Komoroske, directrice exécutive du Walt Disney Family Museum, parle d'une étape importante pour « célébrer l'histoire de l'homme derrière la magie ».
La chanson des Sherman, Rover et les squelettes des automates restent
La chanson "There's a Great Big Beautiful Tomorrow", signée des frères Sherman, continuera d'être jouée entre les scènes alors qu'elle avait été remplacée pendant les deux premières décennies par un autre thème, "The Best Time of Your Life", avant son retour lors de la grande mise à jour de 1994. On l'entend toujours en fond sonore dans Tomorrowland.
Rover, le chien de la famille, reste présent dans chaque tableau. Les concepteurs réutilisent les endosquelettes des personnages existants, en changeant les costumes et en reprogrammant le calage des lèvres sur les nouveaux dialogues : la famille John, Sarah, Jimmy et Patty traverse les époques, comme avant, mais dans de nouvelles décennies.
Une mécanique de 1964 qui montre des signes de fatigue

Le système de théâtre rotatif a été conçu pour la Foire de New York de 1964, puis réinstallé au Magic Kingdom en 1975. L'attraction accueille 240 spectateurs par représentation et dure environ vingt-et-une minutes. Le spectacle peut absorber près de 3 000 visiteurs à l'heure en théorie, mais joue souvent devant des salles presque vides une bonne partie de la journée.
En juin 2025, un visiteur a raconté une évacuation de l'attraction sur Reddit : la rotation ne semblait pas se verrouiller à chaque nouvelle scène, le bruit du moteur continuait sans s'arrêter. Les cast members auraient d'ailleurs évacué les salles par les portes latérales en invoquant des difficultés techniques, un technicien serait intervenu rapidement et l'attraction aurait rouvert peu après. En juillet 2025, un compte spécialisé sur X a affirmé, en citant un employé du parc, que six des neuf moteurs assurant la rotation fonctionnaient encore et qu'un autre venait de lâcher. Par ailleurs, un permis de construction aurait été déposé en février 2026 par Walt Disney Imagineering pour des systèmes de détection et de protection incendie.