Phantasialand : après plus de vingt ans de blocage, Brühl relance enfin le dossier de l'extension du parc
Phantasialand vient de franchir l'une des étapes politiques les plus importantes de son histoire récente. Le 9 juillet 2026, le comité de l'urbanisme de Brühl a voté le lancement de la procédure qui permettra d'étudier officiellement l'extension du parc. Les travaux ne sont pas autorisés pour autant, mais le projet, longtemps enlisé, avance enfin.

Pendant longtemps, le projet d'extension de Phantasialand semblait condamné à rester dans les cartons. Au fil des années, les changements de majorité, les débats locaux et les recours ont régulièrement repoussé le dossier. Cette semaine, la situation a évolué. Les élus de Brühl ont décidé d'engager la procédure d'urbanisme qui permettra d'examiner la faisabilité du projet. Le parc n'a donc pas obtenu le feu vert pour lancer des travaux, mais il franchit une étape politique que beaucoup pensaient encore lointaine.
Une décision qui relance un dossier ancien
Le vote du comité de l'urbanisme porte sur le lancement du Bauleitverfahren, la procédure allemande qui permet de modifier les documents d'urbanisme avant tout projet d'aménagement. Concrètement, la ville va désormais pouvoir étudier si l'extension est compatible avec les contraintes environnementales, les infrastructures existantes, la circulation ou encore la réglementation en vigueur.
Cette étape était indispensable pour permettre au projet d'avancer. Sans elle, aucune extension ne pouvait être envisagée. Le chantier, lui, reste encore loin. Les études doivent maintenant être réalisées avant qu'un éventuel projet détaillé ne puisse être validé par les élus.
Le vote a été adopté grâce au soutien de la majorité CDU/SPD et des élus FDP/Volt. Les Verts et Die Linke s'y sont opposés, estimant que la ville lançait une procédure sans disposer d'un projet suffisamment précis. Pendant les débats, l'élue écologiste Dorothea Holderried a notamment comparé cette décision au fait « d'acheter un chat dans un sac », jugeant que les élus s'engageaient sans connaître précisément ce qui serait construit.
À l'inverse, les partisans du projet défendent une approche plus pragmatique. Selon eux, cette procédure est justement le moyen d'obtenir les études nécessaires pour évaluer objectivement les conséquences du projet avant toute décision définitive.
Pourquoi Phantasialand cherche à s'agrandir
Si cette extension est devenue un sujet aussi sensible, c'est aussi parce que Phantasialand se trouve dans une situation assez unique parmi les grands parcs européens.
Le parc est aujourd'hui entouré par des routes, des habitations et des espaces naturels protégés. Contrairement à Europa-Park ou Disneyland Paris, il ne dispose pratiquement plus de réserves foncières. Depuis plusieurs années, chaque grande nouveauté est construite à la place d'anciennes attractions ou d'anciens quartiers. Les zones Klugheim puis Rookburgh ont ainsi profondément remodelé le parc sans en augmenter la superficie.
Cette méthode a permis à Phantasialand de continuer à proposer des nouveautés majeures, mais elle atteint progressivement ses limites. Pour développer de nouveaux hôtels, des équipements complémentaires ou de nouvelles zones de loisirs, le parc estime avoir besoin de terrain supplémentaire.
Les documents évoqués jusqu'à présent parlent notamment d'un complexe hôtelier accompagné d'un parc aquatique, d'une salle destinée aux spectacles et aux événements, de nouveaux espaces de loisirs ainsi que d'infrastructures complémentaires.
L'Ententeich, un espace naturel au cœur du débat

L'extension envisagée concerne environ quinze hectares autour de l'Ententeich, à l'ouest du parc. C'est précisément ce qui alimente les oppositions depuis plusieurs années.
Pour les associations environnementales, cette zone constitue bien davantage qu'une simple réserve foncière. Elle abrite des espaces boisés, des zones humides, un plan d'eau et plusieurs espèces protégées. Elles rappellent également que ce secteur participe à la régulation naturelle des eaux de pluie et contribue au rafraîchissement de la ville pendant les épisodes de fortes chaleurs.
Environ 250 personnes se sont d'ailleurs rassemblées devant la mairie de Brühl au moment du vote afin de demander l'abandon du projet. Le réseau citoyen NSG Ententeich a annoncé son intention de lancer un Bürgerbegehren, une procédure qui pourrait conduire à une consultation des habitants si le nombre de signatures requis est atteint.
Phantasialand met de son côté en avant les retombées économiques du projet. Le parc rappelle employer près de 1 800 personnes et estime que son développement est aujourd'hui limité par le manque d'espace disponible. L'objectif affiché est d'augmenter les capacités d'hébergement et de proposer une offre plus complète afin d'encourager les visiteurs à prolonger leur séjour dans la région.
Une bataille qui ne fait que commencer
La décision prise cette semaine ne règle donc rien définitivement. Les prochains mois seront consacrés aux études portant sur les impacts environnementaux, les risques liés aux fortes pluies, les mesures de compensation écologique ou encore les conséquences du projet sur la circulation et les infrastructures. Ces éléments serviront ensuite de base aux futurs votes du conseil municipal.
Après plus de vingt ans d'attente, Phantasialand peut néanmoins se satisfaire d'avoir franchi un cap que beaucoup jugeaient difficile à atteindre. Les opposants, eux, n'entendent pas laisser le dossier suivre son cours sans réagir. Entre développement touristique, préservation d'un espace naturel et intérêts économiques locaux, le débat est désormais pleinement relancé et il devrait continuer à rythmer la vie politique de Brühl pendant encore plusieurs années.