Après un décès sur le coaster Goliath, Six Flags annonce des ceintures de sécurité pour plusieurs coasters
Douze jours après la mort d'un visiteur éjecté des montagnes russes Goliath, en Géorgie, Six Flags annonce l'installation de ceintures de sécurité supplémentaires sur plusieurs attractions. L'accident, survenu le 12 octobre 2026, a également blessé quatre mineurs et entraîné une série de fermetures préventives aux États-Unis et au Canada. L'enquête sur ses causes se poursuit.

Le parc Six Flags Over Georgia, situé à Austell, près d'Atlanta, a rouvert ses portes le 16 octobre après plusieurs jours de fermeture. Mais Goliath, l'une de ses principales attractions, reste à l'arrêt. Construites par le fabricant suisse Bolliger & Mabillard et inaugurées en 2006, ces montagnes russes atteignent près de 61 mètres de hauteur et 112 km/h. Habituellement retenus par une barre individuelle au niveau des cuisses, les passagers devront désormais disposer d'une ceinture supplémentaire. La décision a été annoncée le 23 octobre par John Reilly, directeur général de Six Flags Entertainment Corporation.
Un visiteur éjecté de Goliath le 12 octobre
L'accident s'est produit le lundi 12 octobre, peu avant 16 heures. Selon les premières constatations de la police du comté de Cobb, Hassan Jihad Ibn Kariem, 42 ans, a été éjecté de son siège alors qu'il parcourait l'attraction. Il a heurté d'autres passagers avant de tomber sous la structure des montagnes russes. Les policiers l'ont retrouvé inconscient et ne respirant plus. Son décès a été constaté sur place.
Quatre autres passagers, tous mineurs, ont été transportés à l'hôpital. La police a précisé que leurs blessures ne mettaient pas leur vie en danger, sans communiquer d'informations permettant de les identifier.
Hassan Kariem travaillait depuis plus de douze ans à la Wesley International Academy, une école publique sous contrat d'Atlanta, où il occupait notamment les fonctions de responsable informatique, d'enseignant en technologie et d'encadrant en robotique. Selon plusieurs membres de sa famille interrogés par la presse américaine, il accompagnait des proches au parc pour célébrer le treizième anniversaire de sa nièce, assise à ses côtés au moment de l'accident.
Plusieurs témoins ont décrit une scène particulièrement violente. Certains affirment avoir vu le passager se soulever de son siège avant de retomber dans le train, puis d'être projeté hors de celui-ci. Des visiteurs ayant emprunté l'attraction plus tôt dans la journée ont également rapporté des inquiétudes concernant les dispositifs de retenue.
Ces témoignages font partie des éléments examinés par les enquêteurs. Ils ne permettent pas encore d'établir si l'éjection résulte d'un dysfonctionnement mécanique, d'un problème lié à l'utilisation du système de retenue ou d'une autre circonstance.
Le fabricant Bolliger & Mabillard a indiqué participer à l'enquête, sans commenter les causes possibles de l'accident.
Des inspections antérieures validées, mais une enquête toujours ouverte
Les autorités de Géorgie ont rapidement immobilisé Goliath. Dans cet État américain, une attraction impliquée dans un accident mortel ne peut reprendre son exploitation qu'après une enquête approfondie et l'autorisation de l'administration compétente.
L'Office of the Commissioner of Insurance and Safety Fire (OCI), chargé notamment du contrôle des attractions, mène ses propres investigations en parallèle de celles de la police. Les inspecteurs examinent le matériel, les conditions d'exploitation, les procédures de maintenance et les documents réglementaires.
Le 15 octobre, le commissaire John King a confirmé que Goliath avait passé sa dernière inspection annuelle le 16 mars 2026. Aucun manquement réglementaire, aucune déficience formelle ni aucune interdiction d'exploitation n'avait été relevé.
Les documents obtenus par la chaîne locale WSB-TV apportent toutefois une précision : une observation figurant sur le rapport signalait la nécessité de remplacer des bagues mécaniques, des pièces utilisées pour limiter les frottements et maintenir certains composants en position.
Leur emplacement exact et leur éventuel rapport avec les dispositifs de retenue ne sont pas établis. Rien ne permet donc de les relier à l'accident du 12 octobre. Les documents consultés par la presse ne précisent pas non plus si ces pièces ont été remplacées entre l'inspection et le drame.
Cette différence entre le résultat favorable d'un contrôle et l'existence d'une observation technique mérite d'être documentée, sans lui attribuer une causalité que les enquêteurs n'ont pas démontrée. Une inspection annuelle valide le respect d'exigences à une date donnée ; elle ne constitue pas une garantie contre tout accident ultérieur.
L'administration géorgienne précise que Goliath restera immobilisé jusqu'à l'achèvement des investigations et des vérifications nécessaires. Aucune date de réouverture n'a été communiquée.
Des fermetures préventives dans plusieurs parcs nord-américains
L'accident a rapidement dépassé le cadre de Six Flags Over Georgia. Dès le 13 octobre, le groupe a suspendu l'exploitation de neuf autres montagnes russes jugées suffisamment proches de Goliath pour justifier des contrôles supplémentaires.
Parmi les attractions concernées figuraient Nitro à Six Flags Great Adventure, dans le New Jersey, Raging Bull à Six Flags Great America, dans l'Illinois, ainsi que Leviathan et Behemoth à Canada's Wonderland, près de Toronto. Carowinds, à la frontière de la Caroline du Nord et de la Caroline du Sud, a également suspendu Fury 325 et Thunder Striker, tandis que Kings Island, dans l'Ohio, a arrêté Orion et Diamondback.
Un autre Goliath, situé à Six Flags Magic Mountain en Californie, figurait initialement parmi les attractions concernées. Il a depuis repris son exploitation.
Au 23 octobre, Six Flags dénombre encore huit attractions temporairement fermées dans cinq autres parcs, en plus du Goliath de Géorgie.
Les neuf montagnes russes restant à l'arrêt ont été construites par Bolliger & Mabillard. Elles utilisent des dispositifs de retenue similaires, souvent désignés par le terme clamshell. Contrairement aux harnais qui enveloppent les épaules, ces systèmes reposent sur une barre rembourrée venant se verrouiller au-dessus des cuisses du passager.
Leur conception permet de maintenir les visiteurs pendant les accélérations et les variations de gravité, tout en laissant relativement libre le haut du corps. Ils équipent de nombreuses montagnes russes de grande hauteur depuis plusieurs décennies.
Selon la chaîne Atlanta News First, six des neuf attractions de cette catégorie disposent déjà d'une ceinture supplémentaire, installée dès leur ouverture ou ajoutée ultérieurement. Les trois autres, dont Goliath en Géorgie, fonctionnaient sans ce dispositif secondaire.
La décision de fermer également des attractions déjà pourvues d'une ceinture montre que les vérifications engagées par Six Flags ne se limitent pas à l'absence de cet équipement. Aucune défaillance commune à ces différents modèles n'a été officiellement identifiée.
Six Flags annonce des ceintures supplémentaires et un audit indépendant
Dans une lettre publique adressée aux visiteurs et détenteurs de pass le 23 octobre, John Reilly annonce plusieurs mesures destinées à renforcer la sécurité des attractions du groupe.
La principale concerne l'ajout de ceintures de sécurité sur Goliath et sur d'autres montagnes russes équipées de systèmes de retenue similaires. Six Flags n'a pas encore précisé l'ensemble des attractions concernées, le calendrier des modifications ni les modalités techniques retenues.
L'installation d'une ceinture supplémentaire implique une intervention sur les trains et leur dispositif de retenue. Selon les solutions choisies, les exploitants devront notamment vérifier la compatibilité des équipements, leurs procédures de contrôle et les conditions d'exploitation autorisées.
Le groupe annonce également avoir mandaté des ingénieurs et des spécialistes indépendants pour examiner ses procédures de sécurité à l'échelle de l'ensemble de ses parcs. La formation des opérateurs doit être renforcée, avec une attention particulière portée aux vérifications effectuées avant le départ des trains.
Cette réponse constitue un changement concret pour les attractions concernées. Elle ne permet cependant pas de déterminer ce qui s'est produit sur Goliath.
Les dispositifs clamshell ont été conçus pour retenir les passagers sans imposer systématiquement une ceinture additionnelle. Leur présence sur plusieurs dizaines d'attractions ne signifie pas que tous les systèmes présentent un danger comparable. À l'inverse, le respect de normes de conception et le passage d'inspections réglementaires ne dispensent pas les exploitants de revoir leurs équipements lorsqu'un accident remet en cause les conditions de leur utilisation.
L'annonce de Six Flags reconnaît, dans les faits, la nécessité d'une protection supplémentaire sur certains matériels jusque-là exploités sans elle. Il serait prématuré d'en conclure que leur configuration précédente était défectueuse, mais cette décision devra être accompagnée d'explications techniques pour établir précisément le niveau de sécurité supplémentaire recherché.
Le groupe indique que plus de 220 montagnes russes restent en fonctionnement dans ses différents parcs, notamment pendant les festivités d'Halloween. Il assure vouloir maintenir ses exigences de sécurité tout en poursuivant ses activités.
À Six Flags Over Georgia, le parc a repris son exploitation, mais Goliath reste interdit au public. Sa remise en service dépendra des conclusions de l'enquête menée par les autorités de Géorgie, des contrôles techniques et de l'autorisation réglementaire de réouverture. Aucune conclusion officielle sur les causes de la mort de Hassan Jihad Ibn Kariem n'a été rendue publique au 24 octobre 2026.