Disney licencie jusqu’à 200 salariés, surtout chez Imagineering
The Walt Disney Company a procédé, le 28 octobre 2026, à une nouvelle vague de licenciements touchant sa division Experiences. La majorité des suppressions de postes concerne Walt Disney Imagineering, chargé de concevoir les parcs et attractions du groupe. Des équipes associées aux projets de Shanghai et d’Abu Dhabi seraient également touchées.

Disney continue d'agrandir ses parcs, de développer sa flotte de navires de croisière et de préparer de nouvelles destinations. Pourtant, le groupe réduit aujourd'hui les effectifs de ses équipes créatives et techniques, au moment où celles-ci sont mobilisées sur un programme d'investissement historique. Les licenciements annoncés mercredi concernent entre 100 et 200 personnes, selon le Los Angeles Times, un chiffre également rapporté par Deadline et TheWrap. Le groupe n'a pas communiqué de bilan officiel ni précisé quels projets seraient directement affectés.
Imagineering particulièrement touché par les suppressions de postes
D'après les informations de Deadline, la majorité des salariés concernés travaillait sur le campus de Walt Disney Imagineering à Glendale, en Californie. Ce site historique abrite une partie des artistes, ingénieurs, architectes et concepteurs chargés de donner forme aux attractions, aux environnements thématiques et aux infrastructures des destinations Disney.
Fondée en 1952 sous le nom de WED Enterprises, Imagineering intervient sur l'ensemble des complexes du groupe, mais également sur ses navires de croisière et ses spectacles. Le Wall Street Journal évaluait ses effectifs à environ 3 000 personnes au début de l'année 2026.
Les suppressions de postes touchent également Disney Live Entertainment, selon les informations relayées par plusieurs médias spécialisés. La répartition exacte entre les différents départements n'a toutefois pas été publiée.
Une source proche du dossier, citée par le Los Angeles Times, explique ces décisions par une réévaluation régulière des priorités, des investissements et des calendriers de développement. Deadline rapporte également que les suppressions seraient principalement liées à l'organisation des projets.
Chez Imagineering, les équipes évoluent effectivement au rythme des productions. La conception d'un nouveau parc mobilise des compétences très différentes selon que le projet se trouve au stade des premières études, de l'ingénierie détaillée ou des derniers mois de construction. Certains contrats prennent fin lorsque les besoins diminuent, tandis que d'autres équipes sont renforcées pour accompagner de nouveaux chantiers.
Cette organisation ne rend pas pour autant les licenciements anodins. Disney possède actuellement davantage de projets de développement en cours qu'à n'importe quelle autre période de son histoire, selon ses propres déclarations. La réduction des équipes de conception, particulièrement à Glendale, tranche avec l'ampleur du programme annoncé.
Pour les salariés concernés, les conséquences sont immédiates. Pour Disney, ces départs représentent aussi une perte de compétences et de connaissances accumulées sur des projets parfois développés pendant plusieurs années. Une équipe supprimée peut être reconstituée, mais sa continuité créative et technique ne se remplace pas aussi facilement.
Shanghai Disney Resort : les équipes touchées et l'hypothèse d'un deuxième parc
Le site spécialisé WDWMagic affirme, sur la base de ses propres sources, que des salariés travaillant sur Shanghai Disney Resort figurent parmi les personnes concernées. Aucun nombre précis n'est avancé et le groupe n'a pas identifié publiquement les projets auxquels ces employés étaient affectés.
Shanghai Disneyland, ouvert en juin 2016, connaît pourtant une importante phase d'agrandissement. Après Toy Story Land en 2018 et Zootopia en 2023, le complexe construit actuellement une neuvième zone thématique consacrée à Spider-Man. Lancé en mai 2025, le chantier comprend des montagnes russes de grande ampleur, dont l'installation des rails s'est achevée en juin 2026.
Deux nouveaux hôtels sont également programmés. Le troisième, le Shanghai Disney Enchanted Star Hotel, doit accueillir environ 400 chambres et ouvrir durant l'hiver 2026-2027. Un quatrième établissement, accompagné d'une extension de Disneytown, est en préparation. Le resort poursuit par ailleurs l'augmentation de capacité de Soaring Over the Horizon.
Ces développements sont suffisamment avancés pour être distingués des projets encore à l'étude.

L'une des hypothèses avancées par Disney Tourist Blog concerne plutôt un éventuel deuxième parc à Shanghai. Son annonce était envisagée par certains observateurs à l'occasion du dixième anniversaire du resort, célébré en juin dernier. Elle ne s'est pas concrétisée. Disney n'a jamais officiellement confirmé la construction de ce deuxième parc.
Dans le même temps, les performances financières internationales du groupe sont moins favorables qu'aux États-Unis. Au troisième trimestre fiscal 2026, le chiffre d'affaires de ses parcs internationaux progressait de 6 %, mais leur résultat opérationnel reculait de 13 %. Disney signalait notamment une demande plus faible dans ses parcs asiatiques. Ces données concernent néanmoins plusieurs destinations et ne permettent pas d'attribuer la dégradation à Shanghai uniquement.
Un ralentissement des études relatives à une nouvelle phase d'expansion serait compatible avec ces chiffres. Il ne peut cependant être déduit des seuls licenciements. Aucun abandon ou report du deuxième parc, qui demeure un projet supposé, n'a été confirmé.
Disneyland Abu Dhabi : un projet financé par Miral dont le développement se poursuit

Le futur Disneyland Abu Dhabi apparaît également dans les discussions entourant cette réorganisation. Plusieurs médias spécialisés évoquent des équipes liées au projet parmi les salariés concernés, sans identification précise des postes ou des responsabilités supprimées.
Annoncée le 7 mai 2025, cette nouvelle destination doit être construite sur Yas Island, aux Émirats arabes unis. Elle constituera le septième complexe touristique Disney dans le monde.
Son modèle économique diffère de celui des destinations américaines et de Disneyland Paris. Le projet repose sur un partenariat avec Miral, société spécialisée dans le développement touristique d'Abu Dhabi, déjà à l'origine de plusieurs installations de loisirs sur Yas Island.
Miral doit financer, construire et exploiter le complexe. Disney conserve la responsabilité de sa conception créative, fournit son expertise opérationnelle et concède l'utilisation de ses propriétés intellectuelles. En échange, le groupe percevra des rémunérations liées au développement et à la gestion ainsi que des redevances calculées sur les revenus du resort.
Disney n'a donc pas à financer directement la construction du parc, conformément au montage présenté lors de son annonce.
Une réduction des équipes d'Imagineering affectées à Abu Dhabi pourrait avoir plusieurs explications, depuis une modification de l'organisation des études jusqu'à un ajustement du calendrier de conception. Elle ne signifie pas nécessairement une diminution de l'investissement de Miral.
Les dernières déclarations publiques du partenaire local ne signalent d'ailleurs aucune suspension. Le 14 septembre 2026, Mohamed Al Zaabi, directeur général de Miral, déclarait au journal The National être satisfait de l'avancement du projet, précisant que ses équipes travaillaient étroitement avec Disney et organisaient des réunions pratiquement chaque mois.
Aucune date officielle d'ouverture n'a encore été annoncée. Disney n'a pas indiqué si les licenciements du 28 octobre modifieraient la conception du resort ou son calendrier.
Disney réduit ses coûts malgré les bénéfices de sa division Experiences
Les suppressions de postes interviennent dans une division qui continue de générer une part considérable des bénéfices du groupe.
En 2025, Disney Experiences avait réalisé 36,2 milliards de dollars de chiffre d'affaires et représentait plus de 56 % du résultat opérationnel de The Walt Disney Company.
La dynamique restait favorable au troisième trimestre fiscal 2026. Pour la période achevée le 27 juin, la division a enregistré près de 10 milliards de dollars de revenus et un résultat opérationnel de 3,017 milliards, en hausse de 20 % sur un an.
Comme Chronik le détaillait dans son analyse des résultats d'août 2026, cette croissance demeure inégale selon les marchés. Le résultat opérationnel des activités américaines de parcs et expériences progressait de 27 %, tandis que celui des activités internationales reculait de 13 %.
Ces écarts peuvent peser sur la manière dont Disney répartit ses investissements. Le groupe avait annoncé en septembre 2023 son intention de consacrer environ 60 milliards de dollars, sur une période d'une dizaine d'années, au développement de ses parcs, de ses complexes touristiques et de ses activités de croisière. Cette enveloppe globale ne constitue toutefois pas un engagement irrévocable à réaliser chaque projet étudié par Imagineering.
La conception des futures attractions représente justement une dépense engagée plusieurs années avant leur ouverture, parfois avant même qu'une annonce publique permette d'en connaître l'existence. Réduire ou suspendre des études peut donc produire des économies sans affecter immédiatement les attractions déjà en chantier.
Disney a parallèlement multiplié les réorganisations sous la direction de Josh D'Amaro, devenu directeur général en mars 2026. Environ 1 000 postes avaient été supprimés en avril, puis plusieurs centaines d'autres au cours de l'été. Début octobre, près de 300 salariés supplémentaires ont été licenciés, principalement dans les ressources humaines et les activités technologiques. Le groupe avait aussi proposé des dispositifs de départ anticipé à certains cadres.
Les licenciements chez Imagineering prolongent cette politique de réduction des coûts, mais ils interviennent dans une activité que Disney présente depuis plusieurs années comme l'un de ses principaux relais de croissance.
Le choix est d'autant plus discutable que l'entreprise investit précisément dans des réalisations dont la qualité dépend de la continuité de ses équipes créatives. Les économies réalisées aujourd'hui sur la conception peuvent aussi se traduire par des projets ralentis, des compétences perdues ou des besoins de recrutement supplémentaires lorsque les développements reprennent. Ces conséquences ne sont pas établies pour cette vague de licenciements, mais elles font partie des risques concrets d'une organisation fortement dépendante de ses cycles de projets.